TÉLÉCHARGER CARLITOS LE BUT DE SES RÊVES

Quinze jours plus tôt, il réglait encore les derniers détails de Mission to Mars. Brian De Palma parle peu aux journalistes, n'ayant plus guère besoin des médias et de leurs verres grossissants pour exister. On le dit ours, peu loquace, carrément phobique. Ce matin-là, enfermé dans l'étroite salle des petits-déjeuners d'un grand hôtel parisien, sa légendaire veste saharienne sur le dos, il est d'excellente humeur et ne cesse de disserter sur ses propres films, ceux des autres, sa génération.

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Quinze jours plus tôt, il réglait encore les derniers détails de Mission to Mars. Brian De Palma parle peu aux journalistes, n'ayant plus guère besoin des médias et de leurs verres grossissants pour exister. On le dit ours, peu loquace, carrément phobique. Ce matin-là, enfermé dans l'étroite salle des petits-déjeuners d'un grand hôtel parisien, sa légendaire veste saharienne sur le dos, il est d'excellente humeur et ne cesse de disserter sur ses propres films, ceux des autres, sa génération.

Là où on leur disait qu'ils étaient des artistes, les Ford, Hawks ou Walsh répondaient qu'ils n'étaient que des travailleurs. Là où on leur prêtait des intentions, ils faisaient semblant de les découvrir.

Issu d'une génération de cinéastes-cinéphiles, De Palma n'hésite pas à théoriser sur ses propres films et à en livrer les clés. Avant de commencer notre entretien, il parle de Godard avec admiration et avoue son goût prononcé pour le cinéma des frères Coen. Il ne sait pas encore que le dernier opus des Coen et Mission to Mars seront tous les deux présentés à Cannes. En attendant, il a bien voulu nous livrer quelques secrets de fabrication.

Comment en êtes-vous arrivé à faire Mission to Mars? Si j'ai bien compris, le film devait être tourné par un autre cinéaste Gore Verbinski. Le studio Touchstone avait développé le film et engagé un metteur en scène qui a finalement quitté le projet au dernier moment.

Le scénario était écrit, les décors prévus, Gary Sinise et Don Cheadle étaient déjà choisis. Il ne manquait qu'un metteur en scène. Les gens de Touchstone m'ont alors contacté et m'ont envoyé le scénario.

Je l'ai tout de suite aimé. L'histoire était très ingénieuse, très mystique. Mars n'avait jamais été montré au cinéma, ce qui m'obligeait à une invention visuelle très excitante.

Et puis je n'avais pas encore fait de film de science-fiction. Je ne suis pas de ceux qui courent aux films de science-fiction, je les trouve trop fantastiques.

Comme tout le monde, j'en ai vu beaucoup lorsque j'étais enfant. Le premier devait être Destination Moon qui était un film très réaliste. J'aime aussi beaucoup et Planète Inconnue, mais je n'aime ce genre de films que s'ils sont réalistes. Quand on m'a proposé Mission to Mars, j'y ai vu la possibilité de faire un film d'anticipation aussi réaliste que possible. Nous avons collaboré avec des scientifiques et spécialistes de la NASA pour imaginer les véhicules, les ordinateurs, les combinaisons des astronautes, leur mode d'entraînement et d'acclimatation à l'apesanteur… Nous avons créé les décors de Mars à partir des photos qui existent de la planète, les tempêtes de poussières qu'on peut voir dans le film sont réelles et visibles sur certains clichés.

Autant l'alien et le spectacle final du planétarium devaient être faux et avoir les apparences d'un rêve, autant tout ce qui se passe à la surface de Mars se devait d'être le plus réaliste possible.

Même l'idée de la vie qui viendrait de Mars est une théorie réelle et envisageable. Tout cela fait que Mission to Mars m'apparaissait comme un film très excitant à faire. J'allais pouvoir mettre en suspens ma série de films cyniques, le mensonge, la corruption, la trahison, pour m'intéresser au simple combat de l'homme contre les éléments. C'est comme gravir l'Everest : on a les personnages et un espace inconnu qu'ils essaient de conquérir. Le réalisme est-il une nécessité pour vous ou pour le public?

J'ai un background scientifique. Et si j'aimais certains films de science-fiction lorsque j'étais enfant, c'est pour leur utilisation réaliste des machines car je m'amusais moi-même à construire des ordinateurs. Mais je préférais les livres d'anticipation pour la même raison, leurs auteurs avaient été obligés de faire beaucoup de recherches pour rendre leurs histoires les plus crédibles possible.

Dans Mission to Mars, même le choix de la date est réaliste. Inutile de vous dire que ce jour-là a été une bonne journée pour moi.

J'ai fait peu de retouches sur le scénario qu'on m'avait envoyé. Mon travail consistait surtout à trouver des équivalences visuelles au réalisme du script. Je voulais par exemple que la caméra flotte autour des personnages pour faire ressentir la sensation d'apesanteur.

Comme si les personnages dansaient et volaient sans arrêt dans la navette. Le spectateur peut ressentir pour la première fois ce qu'est vraiment l'apesanteur telle que la vivent les personnages sur l'écran. Mon goût du réalisme n'est pas nouveau. Même pour Scarface, nous avions rencontré beaucoup de gens, des flics de la brigade des stupéfiants, des avocats corrompus qui représentaient les dealers, et pas mal d'individus louches. Mon désir de montrer la violence était lui aussi un parti-pris réaliste.

Je voulais établir un niveau de violence comme on n'avait jamais vu parce que c'est un niveau tout différent d'action de la pègre. Pas les plaisantes fusillades du Parrain avec les gens étranglés et la main poignardée.

Maintenant, nous sommes face à des façons vraiment terribles de s'entretuer. Mais finalement tout était fait par suggestion et je suis toujours pénalisé parce que comme je fais ça très bien, et bien qu'on croit voir une grande violence graphique, il n'y en a pas. On panoramique loin de la tronçonneuse quand elle va couper Angel qui est suspendu puis on voit le sang frapper le visage d'Al.

On ne voit rien d'autre. Le reste se passe dans la tête du public. Pour Mission : impossible, une ancienne femme du FBI nous avait aidés à imaginer les techniques en usage à la CIA et à rendre l'environnement crédible. Gary et Don ayant été engagés avant moi, je n'ai eu à choisir que Tim Robbins, Connie Nielsen et Jerry O'Connell et ils se sont tous préparés comme de véritables astronautes.

Gary Sinise avait déjà joué dans Apollo 13 et il nous a beaucoup aidés. Tous les acteurs ont eu un entraînement physique précis. Etre astronaute nécessite une grande souplesse et une grande rapidité d'action car vous devez faire face à n'importe quel événement imprévu.

Il n'y a pas de place pour l'émotion et si l'un d'eux fait une erreur, tous peuvent mourir. Photo Claudine Doury Dans vos films, l'émotion, l'amitié ou l'amour représentent souvent un danger pour vos personnages. Dans Snake Eyes, le meilleur ami de Rick Santoro est le traître. Fox qui est émotif pendant tout le film finit par se faire corrompre par son environnement. Dans Mission to Mars, les personnages ont un but et un rôle à remplir. Ils ont chacun leur job et rien ne doit les détourner de leur travail.

Même pas les sentiments. Même le personnage de Gary Sinise a une idée précise de sa mission, de ce en quoi il croit et il va au bout de la logique de cette découverte de l'inconnu.

Il veut voir ce qu'il y a derrière. Les héros de Mission to Mars sont un peu comme les personnages des films de Howard Hawks qui sont toujours concentrés et professionnels dans les situations les plus périlleuses. S'ils perdent leur concentration, ils sont tous morts. C'est vrai qu'il y a quelque chose comme ça chez Hawks. J'aime beaucoup ses films où Cary Grant joue un scientifique qui tombe sans arrêt. C'est la raison pour laquelle j'aime tant les acteurs énergiques. Quelqu'un comme Al Pacino passe davantage de temps à regarder et à écouter avant de se mettre en mouvement.

Il a une méthode bien à lui pour vivre pleinement ses rôles. Pour Scarface, il demandait à ce qu'on lui parle en espagnol entre les prises. Dans Mission to Mars, nous avons aussi tenté de restituer l'intensité du regard des astronautes dans les yeux des acteurs.

Lorsque je préparais le film, je voyais des astronautes parler entre eux et je me sentais totalement exclu car eux ont vu quelque chose que je n'ai pas vu. Ils ont fait une expérience unique que je n'ai pas faite.

C'est ce que j'ai essayé de restituer dans Mission to Mars : montrer qu'il y a quelque chose de magique dans ce qu'ils ont vu et faire vivre au public une expérience qu'il n'a jamais eu l'occasion de vivre. J'ai essayé très consciemment d'éviter les clichés des films de science-fiction : on ne voir pas les personnages manger des aliments de toutes les couleurs, ils ne passent pas leur temps devant des écrans d'ordinateurs, il n'y a pas de problèmes de liaison avec la base terrestre ni l'angoisse du décollage de la fusée… Ils sont tout de suite sur Mars et doivent remplir une mission définie.

J'avais le même problème avec le match de boxe de Snake Eyes. Fallait-il le montrer? Les scènes de boxe sont devenues des clichés aujourd'hui et j'ai finalement choisi de ne pas montrer le combat, mais plutôt ce qu'observe un boxeur depuis le ring.

Je joue parfois bien plus avec les clichés car ils correspondent à des attentes du public. Je lui donne alors ce qu'il veut et je l'emmène dans une direction opposée à ce qu'il attendait.

Les clichés permettent de faire en sorte que le spectateur se sente bien, qu'il ait l'impression de voir un spectacle confortable, et à ce moment-là vous pouvez l'emmener ailleurs. C'est une façon de construire des expériences pour le public et de faire qu'il aille là où il n'est jamais allé avant.

Diriez-vous que Mission to Mars a un côté western avec ces paysages de Mars qui, lorsqu'on les voit pour la première fois, font penser à Monument Valley?

Beaucoup de gens rapprochent Mission to Mars du de Kubrick mais je crois mon film bien différent de celui de Stanley. Ils ont en commun cette recherche du réalisme du travail de la NASA, des projets scientifiques, des véhicules que les personnages utilisent pour se déplacer dans l'espace… Mais est un grand film très froid, très élégant, abstrait et symbolique avec une mystique très profonde dont le sens est difficile à découvrir.

Mission to Mars est plus simple et plus humain. Et puis Kubrick est davantage intéressé par le combat de l'homme contre la machine alors qu'ici c'est vraiment l'homme contre un territoire inconnu. Les films de Stanley ne parlent que de l'extension du cerveau humain dans les machines et les ordinateurs qui deviennent à leur tour paranoïaques, émotives, jalouses. Les deux films ont des sujets très différents. C'est aussi la première fois que vous utilisez des animations digitales.

Quelles conclusions tirez-vous de cette expérience? Ce qui est intéressant avec cette technique, qui arrive à un degré de perfection sidérant, c'est qu'on peut mettre tour ce qu'on veut dans un plan. Il faut tout inventer et vous pouvez tout créer. Quand vous voyez ce qu'ils ont fait sur Titanic en créant tous ces gens sur le pont lors du naufrage, c'est assez fou!

Vous pouvez aujourd'hui créer des gens d'apparences très réaliste.

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